La Coccinelle des livres

L’entropie des sentiments

Livre écrit par : Véronique Gallo Maison d’édition : Héloise Ormesson Nombre de pages : 240
Chronique créée le 26/12/2022 0 commentaire

4e de couverture


« À la légèreté que nous opposions si souvent au tragique »

Fin juin 1995. Aux côtés de parents dépassés par un frère cadet en souffrance, Kate, étudiante en première année de lettres, se sent prisonnière de la vie raisonnable qu’elle s’impose depuis toute petite. Et pourtant, elle porte en elle le désir vibrant de trouver enfin l’amour (Sam l’incarnera-t-il ?), l’envie irrépressible d’exister dans un monde d’adultes qui l’ignore, et le besoin impérieux de se libérer d’une cellule familiale chaotique où il va devenir urgent de faire entendre sa musique intérieure pour ne pas qu’elle s’éteigne.

Avons-nous trop vite oublié la jeune femme que nous avons été ? Avec beaucoup de tendresse et d’humour, Véronique Gallo épouse les pas d’une jeune femme qui s’autorise enfin à dire « je ». Roman d’apprentissage dans la lignée de L’Étudiante avec Sophie Marceau, L’Entropie des sentiments raconte ce qu’il y a de plus personnel et universel à la fois : l’éveil à la sexualité et l’éclosion d’une femme.

L’entropie. Elle n’en avait pas retenu grand-chose mais, pour la première fois, à cet instant, elle comprit le concept. Cette loi s’appliquait aussi bien aux sentiments qu’à la thermodynamique. À savoir que tout système tendait naturellement au désordre si on n’y prenait pas garde.

Et bien et bien, je ne connaissais Véronique Gallo que comme comédienne belge qui d’ailleurs me fait sourire et souvent bien rire. Inutile de la cantonner dans son rôle de comédienne car après avoir lu L’entropie des sentiments je suis estomaquée de la découvrir écrivaine de grand talent. Il va sans dire que je lirai ses précédents romans et ceux qu’elle sortira.

Ce roman c’est un peu toute mon adolescence, milieu des années 90, en Belgique de surcroît. Branchez le jukebox, poussez la sono à fond et écoutez : The Cranberries, Portishead, Radiohead, Alanis Morissette, poussons la porte des bals de nos campagnes et allons danser et chanter Les lacs du connemara. Il va sans dire que j’ai adoré me replonger dans ces années et dans mes vingt ans.

Encore un livre qui résonne !

Kate a 20 ans, étudiante en première année en lettres, elle aimerait être aimée avec un grand A, avoir des parents qui écoutent et savent communiquer, un frère avec lequel s’entendre. Mais tout va de travers dans cette famille où tout le monde crie et se rejette la faute. Kate est encore la plus mature de ce monde de grand. C’est une jeune fille attachante, qui se cherche et se bat avec ses maigres moyens pour se frayer un chemin dans la vie.

Véronique Gallo dresse ici un portrait extrêmement fluide d’une famille en désuétude, elle décrit avec une justesse inouïe les tourments d’une jeune fille de vingt ans qui se bat pour exister. Dés les premières pages, j’ai su que j’allais aimer ce livre. C’est écrit avec sincérité et un dynamisme qui m’a séduite d’entrée de jeu. C’est extrêmement immersif et tellement authentique. On s’attache à Kate, on la comprend, on la défend, on l’applaudit, on l’encourage, puis on se laisse bercer par la nostalgie d’une jeunesse où l’amour semblait jadis pouvoir nous sauver et nous envoler mille lieues sous les mers. La puissance d’une jeunesse où tout est exacerbé est tellement bien rendu ici. Ce retour dans les années 90 m’a fait un bien fou, quand Internet balbutiait, que les SMS n’existaient pas, que la musique battait son plein, que la réalité primait sur le monde virtuel d’aujourd’hui. Une vie simple bien loin derrière désormais.

Ravie d’avoir lu L’entropie des sentiments et d’avoir découvert la jolie plume sensible et juste de Véronique Gallo.

En trois lignes,

L’entropie des sentiments c’est…

 

Une plongée nostalgique au coeur des années 90

Une écriture sensible et percutante.

Véronique Gallo, comédienne mais aussi écrivaine brillante.

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